MCP Airplan

Le MCP Airplan : ce qu'un agent IA peut lire et écrire dans un dossier de permis, et ce qu'il ne touche pas

Un connecteur qui branche Claude, ChatGPT ou un autre agent sur vos dossiers Airplan. Ce qu'il lit, ce qu'il écrit, ce qu'il ne fera jamais, et une démonstration sur un dossier fictif où l'agent repère trois cases à examiner.

  • Publié le 31 octobre 2026

En bref. Le MCP Airplan est une prise standard entre un agent IA et votre compte Airplan. Branché, l’agent lit vos dossiers (parcelles, données officielles, formulaires, photos) et peut remplir des champs, ajouter des photos ou noter le retour de la commune, avec les droits que vous lui donnez. Il ne dépose rien, ne signe rien et ne modifie ni les parcelles ni les données calculées. Il est en cours de finalisation : cet article décrit ce qu’il fait au 31 octobre 2026, sur un dossier fictif.

Ce qu’est un MCP, en une phrase

MCP veut dire Model Context Protocol. C’est une norme ouverte qui permet à un agent IA, comme Claude ou ChatGPT, d’utiliser les outils d’un logiciel : lire une donnée, écrire un champ, lancer une action. Le logiciel décide quels outils il expose et avec quels droits. L’agent ne voit rien d’autre.

Pour un bureau d’architecture, cela change la façon de travailler avec l’IA. Au lieu de copier-coller un extrait de dossier dans une conversation, on demande à l’agent « qu’est-ce qui coince dans le dossier de l’extension à Namur ? » et il va lui-même chercher les couches, le formulaire et les photos. Les réponses s’appuient sur les données du dossier, pas sur la mémoire du modèle. C’est la différence que montre notre test sur les hallucinations : un modèle sans données se trompe dans les détails ; un modèle branché sur des données calculées lit et rédige, l’outil calcule.

Ce que l’agent lit, ce qu’il écrit, ce qu’il ne touche pas

Ce que le MCP Airplan permet à un agent Trois colonnes. L'agent lit : profil et crédits, liste et recherche de projets, parcelles et adresses, couches de données officielles avec liens, formulaires, reportage photo, géométrie. L'agent écrit : création de projet pour un crédit, champs des formulaires, demandeur et architecte, photos du reportage, choix des documents à générer, statut de dépôt et courrier d'incomplétude. Hors de portée : déposer à la commune, signer, modifier les parcelles ou les données calculées, supprimer un projet ou une photo, voir un autre compte. L'agent lit Profil, architectes, crédits Liste et recherche de projets Parcelles, CaPaKey, adresses Couches officielles et liens Formulaires (annexe 4, notice…) Reportage photo et images Géométrie des parcelles Retour de la commune Lecture seule possible L'agent écrit Nouveau projet (1 crédit) Champs des formulaires Demandeur, architecte, nom Photos, position, orientation Documents à générer Statut de dépôt noté Courrier d'incomplétude joint Si le compte l'autorise Hors de portée Déposer à la commune Signer un document Changer parcelles et couches Changer un champ calculé Supprimer projet ou photo Voir un autre compte Absent de la prise
Les trois familles d'outils du MCP Airplan au 31 octobre 2026. Ce qui est hors de portée n'est pas une consigne donnée à l'agent : l'outil n'existe pas.

Ce qu’il lit

OutilCe que l’agent obtient
ProfilVotre nom, les architectes du compte, le solde de crédits
Liste et rechercheVos projets, filtrables par commune, statut de dépôt ou date, et une recherche plein texte sur les adresses, les CaPaKey et les champs remplis
Détails du projetL’état de préparation, les parcelles et adresses, les couches de données officielles avec leurs liens (plan de secteur, guides, schémas, aléas d’inondation, ruissellement, radon, assainissement, patrimoine…), les documents choisis, le retour de la commune s’il existe
FormulaireChaque champ d’un formulaire (annexe 4, notice d’incidences, annexe statistique, BDES…) avec sa valeur et s’il est modifiable
Reportage photoLes photos, leur ordre, leur légende, leur position et leur orientation
GéométrieLe contour des parcelles en Lambert belge

Les détails d’un projet contiennent aussi les demandes de compléments déjà rencontrées par d’autres dossiers dans la même commune, quand des utilisateurs les ont partagées. C’est la mémoire de commune d’Airplan, désormais lisible par un agent.

Ce qu’il écrit

ActionCe qu’il faut savoir
Créer un projetDepuis une adresse ou une CaPaKey. Coûte un crédit, une seule fois même si la demande est répétée
Remplir un formulaireJusqu’à cent champs d’un coup. Les champs calculés, les signatures et les champs en lecture seule sont refusés
Mettre à jour le projetNom, architecte, demandeur. Rien d’autre
Ajouter des photosEnvoyer le fichier, l’ajouter au reportage, puis corriger légende, position et orientation
Choisir les documentsRemplace la sélection et lance la génération habituelle d’Airplan
Noter le retour de la communeNon déposé, déposé, incomplet ou complet, avec un commentaire et le courrier joint. Complet ne veut pas dire permis accordé

Deux réglages du compte Airplan encadrent tout cela : le mode d’accès (lecture seule ou lecture et écriture) et la visibilité des données personnelles des clients. Avec la visibilité coupée, l’agent voit le dossier mais pas le nom, l’adresse ni le numéro national du demandeur.

Démonstration sur un dossier fictif

Le dossier « MAISON DÉMO, rénovation et extension à Namur » est un projet de démonstration : demandeuse fictive, objet et intentions rédigés pour l’exemple. Nous avons demandé à un agent branché sur le MCP de relire le dossier avant de préparer les annexes. Il a appelé deux outils, les détails du projet puis le formulaire de l’annexe 4.

Les détails du projet ont rendu 23 couches de données pour les deux parcelles. Voici, abrégé, ce que trois d’entre elles disent :

groundRadon        Classe 2a (Namur)
                   « Ajoutez une note explicative décrivant les mesures mises en place
                     pour limiter les infiltrations de radon dans le bâtiment. »
waterAleainond     Ruissellement, aléa moyen
waterLidaxes       Axe de concentration du ruissellement sur la parcelle

Le formulaire de l’annexe 4, lui, avait ces cases du cadre 6 vides :

Mesures contre le radon                                  vide
Note sur une zone à risque d'inondation moyen            vide
Note concernant l'axe de ruissellement                   vide

L’agent a mis les deux côte à côte et a signalé les trois écarts : les données du terrain appellent trois notes que le dossier ne prévoit pas encore. Il n’a rien coché. Ce n’est pas à lui de décider si une note radon est nécessaire pour cette extension, c’est à l’architecte. Mais il lui a fait gagner la relecture croisée de 23 couches et d’une soixantaine de champs, celle qu’on fait de mémoire à 19 h la veille du dépôt.

C’est le cran que nous visons : l’agent prépare, l’architecte valide. Il aurait pu cocher les cases, l’outil le permet en lecture et écriture. La décision de le faire reste dans la conversation, entre l’architecte et l’agent, et chaque champ modifié reste visible dans Airplan.

Ce qu’il ne fait pas, et pourquoi

  • Il ne dépose rien. Noter qu’un dossier est « déposé » enregistre un fait dans Airplan, cela n’envoie rien à la commune.
  • Il ne signe rien. Les signatures ne sont pas modifiables par le MCP.
  • Il ne change ni les parcelles ni les données officielles. Les couches viennent des services du SPW et sont recalculées par Airplan. Un agent ne peut pas « corriger » un aléa d’inondation.
  • Il ne supprime rien. Ni projet, ni photo. Une erreur d’agent se corrige, elle ne détruit pas.
  • Il ne voit que votre compte. Les règles d’accès d’Airplan s’appliquent à chaque appel.

Ces limites ne sont pas des consignes écrites dans un prompt, que l’agent pourrait mal lire ou ignorer. Les outils correspondants n’existent pas. C’est la leçon des incidents publiés en 2025 où un agent a effacé une base de données malgré l’instruction de ne pas y toucher : les garde-fous doivent être dans la prise, pas dans la conversation.

Les pièges

  • Un formulaire listé n’est pas un formulaire lu. Les détails du projet disent quels formulaires existent, pas ce qu’ils contiennent. Un agent qui répond sans ouvrir le formulaire invente. Le MCP le rappelle à l’agent, mais il faut le vérifier dans sa réponse.
  • L’agent reprend vos prémisses. Si vous lui dites « le dossier de Thuin » pour une parcelle de Lobbes, il risque de vous suivre. Le test sur les hallucinations le montre sur six modèles.
  • Une donnée officielle peut être périmée ou à cheval. Le MCP rend ce que disent les couches, avec leur lien. Une parcelle sur deux zones, un aléa révisé : l’architecte reste celui qui ouvre la source.
  • « Complet » n’est pas « accordé ». Le statut que l’agent note est celui du courrier de complétude, pas celui de la décision.

Disponibilité

Le MCP Airplan est en cours de finalisation et sera bientôt ouvert aux comptes Airplan. Il fonctionnera avec les assistants qui acceptent les connecteurs MCP, dont Claude et ChatGPT. Pour faire partie des premiers bureaux à l’essayer, écrivez-nous à bonjour@airplan.be. La formation IA pour architectes en fait une démonstration en direct.

Protocole

  • Outils et descriptions relevés le 31 octobre 2026 sur notre environnement de test, qui expose les mêmes outils que la version destinée aux comptes Airplan.
  • Démonstration sur le projet fictif « MAISON DÉMO », lecture seule pour cet article : aucune case n’a été modifiée. Les extraits sont abrégés ; les libellés des champs sont ceux du formulaire.
  • Les outils évoluent vite : cet article sera mis à jour à l’ouverture du MCP, avec la date.